20.09.2006

Deux CRS agressés, Nicolas SARKOZY réagit...

BOBIGNY, Seine-Saint-Denis (Reuters) -

medium_crs.jpgNicolas Sarkozy a mis en cause le fonctionnement de la justice dans le département de Seine-Saint-Denis, après la publication d'une note du préfet faisant état d'une aggravation de la délinquance depuis les violences urbaines de novembre dernier.

Au lendemain de l'agression de deux CRS à Corbeil-Essonnes (Essonne), le ministre de l'Intérieur a également promis d'aller chercher "un par un" les responsables de ce "véritable lynchage".

Il a réuni à la préfecture de Bobigny les responsables de la sécurité de Seine-Saint-Denis et a annoncé, à cette occasion, l'envoi de 300 fonctionnaires de police supplémentaires.

Mais, a-t-il souligné, "les forces de police ne peuvent pas à elles seules obtenir les résultats que les habitants de la Seine-Saint-Denis sont en droit d'attendre".

"Nous avons dans le département de la Seine-Saint-Denis des agressions plus nombreuses et plus violentes, donc je veux dire mon incompréhension et ma désapprobation devant le fait que depuis le début de l'année le nombre d'écroués sur le département est en baisse de 15,5%", a-t-il poursuivi.

"Qu'on m'explique comment on empêche un délinquant de récidiver si les peines ne sont pas exécutées et si on n'a pas le courage de les mettre en prison".

Le ministre de l'Intérieur a pris pour exemple le cas d'un majeur, arrêté en Seine-Saint-Denis en mai 2006 pour 14 vols avec violences, un délit pour lequel il avait déjà été condamné à de la prison avec sursis et qui a été remis en liberté.

"De telles décisions ne sont pas normales parce qu'elles témoignent d'une forme de démission devant les délinquants chaque jour plus violents", a estimé le ministre de l'Intérieur.

LE PS DENONCE

"Ce n'est pas à ceux qui ont refusé de voter mes textes, qui ont refusé d'assumer des décisions difficiles et qui ont même refusé des créations de poste dans la police de venir aujourd'hui donner des leçons car leur bilan est calamiteux", a déclaré Nicolas Sarkozy.

Le premier secrétaire du Parti socialiste a de nouveau dénoncé la politique du ministre de l'Intérieur qu'il a qualifiée de "mensonge".

Après l'agression des deux CRS à Corbeil-Essonnes, Nicolas Sarkozy a promis des résultats rapides car "dans la République française, un policier doit pouvoir faire son travail sans que des voyous s'acharnent à vingt sur deux personnes à terre".

Il a annoncé son intention de se rendre au chevet du CRS le plus touché, qui souffre d'une double fracture du crâne, dès que les médecins l'y autoriseraient.

L'officier et son chauffeur ont été la cible de projectiles mardi soir dans la cité des Tarterêts. Ils étaient en patrouille dans le cadre de la lutte contre les violences urbaines.

"Ils circulaient dans une voiture banalisée lorsqu'ils ont reçu des pierres. Ils sont sortis pour voir qui les avait lancées et une vingtaine de jeunes les ont pris à partie", a précisé David Barbas, secrétaire national du syndicat national des officiers de police (SNOP).

Selon lui, il s'agit clairement d'un "guet-apens". "J'ai parlé au téléphone avec le capitaine. Il m'a dit qu'ils étaient attendus, que c'était préparé".

En déplacement à Chauconin-Neufmontiers (Seine-et-Marne), le Premier ministre, Dominique de Villepin, a assuré que le gouvernement tirerait les leçons de l'agression en apportant "les réponses techniques appropriées".

"La politique du gouvernement, c'est de tout faire, partout sur notre territoire, pour réduire l'insécurité, pour apporter des réponses adaptées, et en particulier pour faire en sorte que ceux qui ont cette charge puissent le faire avec toutes les garanties nécessaires", a-t-il souligné.