12.11.2006

Bayrou rêve... et l'UDF avec lui !

medium_bayrou-a.2.jpgLe président de l'UDF François Bayrou, futur candidat à la présidentielle, a voulu se poser en recours face au "duo" formé par Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, dont il a dénoncé dimanche la "légèreté", devant le conseil national de son parti réuni à Paris.

Les quelque 2.000 participants, affluence inhabituelle pour le parti centriste, ont voté le calendrier de lancement de la campagne présidentielle: dépôt des candidatures d'ici au 5 décembre et vote par correspondance des 33.000 adhérents du 10 au 18 décembre sur le candidat qui sera soutenu par le parti. Le résultat sera annoncé le 20 décembre.

François Bayrou devrait être le seul sur les rangs, même si sa stratégie anti-UMP est contestée notamment par Gilles de Robien, seul ministre UDF, qui n'a pas assisté au conseil national.

M. Bayrou, qui se présentera pour la deuxième fois - il avait obtenu 6,8% des voix en 2002 alors que son parti était en crise après le départ du gros de ses troupes vers l'UMP - espère cette fois remporter la mise.

Il a dénoncé « la plus vaste opération de bourrage de crâne qui ait jamais été mise en oeuvre depuis des décennies, avec des moyens puissants, qui martèle comme un tam-tam les noms jumeaux de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal… »

Selon lui, "ces deux candidats prétendument rivaux, ne sont pas un duel, ils sont un duo".

Cette volonté de se démarquer n'a pas empêché M. Bayrou de prendre des accents gaulliens pour affirmer, à l'instar des chiraquiens qu'il combat, que dans l'élection présidentielle, "il y a une dimension personnelle de rencontre entre un homme ou une femme et le peuple qui lui donnera sa confiance".

Dans le même esprit, l'avant-projet législatif, distribué dimanche et qui propose notamment une VIe République, une politique "pro-entreprises" et un service civique obligatoire pour les jeunes, est intitulé "La France ensemble".

"C'est une expression qu'a également utilisée François Mitterrand", a souligné devant la presse M. Bayrou. Mais rassembler les Français, "ni lui ni Chirac ne l'ont fait, moi je le ferai", a-t-il affirmé.

18.10.2006

Bayrou se verrait bien en haut de l'affiche...

medium_bayrou.jpgLe leader centriste s'imagine premier ministre d'un gouvernement de « démocrates venant d'un bord et de l'autre ».

 

À DÉFAUT de l'Élysée, François Bayrou se contenterait de Matignon. C'est du moins ce qu'ont compris les auditeurs de France Info qui ont entendu le chef de l'UDF accepter, hier matin, de se placer dans l'« hypothèse » où, n'étant pas en position de figurer au second tour de la présidentielle, il se verrait proposer la direction du gouvernement. Convaincu qu'« il faut changer la donne », Bayrou pense qu'on devra « gouverner demain au-delà de la frontière droite-gauche », et se verrait bien « travailler avec les démocrates venant d'un bord et de l'autre qui sont assez lucides pour se mettre d'accord sur des priorités dont notre pays a besoin ».

Le futur candidat à la présidentielle, dont le score plafonne pour l'heure à 8 % dans les sondages, assurerait-il ses arrières ? Sur France Info, François Bayrou a précisé qu'il entendait « parler alliance ou compromis après l'élection, après que les citoyens se sont exprimés ». Selon lui, « si l'on ne se fixe pas cette règle d'or, alors on laisse gouverner les sondages et les groupes de presse, ou en tout cas les grands moyens médiatiques, qui veulent nous imposer aujour­d'hui un duel Sarko-Ségo ».

Toute la stratégie du président de l'UDF repose sur cette théorie. Et sur son échec. Le leader centriste ne veut pas croire que le duel annoncé aura lieu, en tout cas pas dans les conditions que préfigurent les enquêtes actuelles sur les intentions de vote, avec deux candidats qui recueil­lent chacun autour de 35 % des suffrages exprimés. En revanche, il n'exclut pas une réédition du 21 avril 2002, dans toutes ses variantes possibles, y compris celle où il se retrouverait lui-même face à Jean-Marie Le Pen au second tour. Il estime également réaliste un scénario où il obtiendrait suf­fisamment de voix au premier tour pour que le finaliste arrivé en tête soit obligé de rechercher une alliance avec lui. De là à s'imaginer premier ministre de Nicolas Sarkozy ou de Ségolène Royal, il y a un pas qu'il se garde de franchir, même s'il assure qu'il ne fermera « aucune porte » d'ici la présidentielle.

Les « conseils » de Robien

Décidé à camper sur sa ligne « ni droite, ni gauche », il n'est pas près d'obtempérer aux demandes de « clarification » de Gilles de Robien. Le seul centriste du gouvernement Villepin a essayé un nouvel angle d'attaque, hier, dans La Provence, en conseillant à François Bayrou de se doter d'un projet pour « passer du statut de bel universitaire à celui de candidat à la présidentielle ». L'expression « bel universitaire » a fait rire l'entourage du président de l'UDF, où l'on a riposté que « venant d'un ministre de l'Éducation, ça ne pouvait être qu'un compliment ».

Quant au projet, la direction centriste compte présenter sa plate-forme pour les législatives lors du conseil national du 12 novembre. C'est à cette date que devrait également être rendu public le calendrier présidentiel de François Bayrou. Après avoir cherché un moyen de se déclarer le plus tard possible, parce qu'il est convaincu que les campagnes les plus courtes sont les meilleures, il semble revenu à son plan initial : annoncer sa candidature vers la mi-décembre, c'est-à-dire après le congrès du PS et avant celui de l'UMP ( Le Figaro).