30.09.2006
Nicolas SARKOZY veut un "acte 3" à la Décentralisation...
Nicolas Sarkozy s'est prononcé jeudi pour un «acte III de la décentralisation» passant par des «solutions innovantes» après les élections 2007. «C'est un rendez-vous incontournable pour notre pays», a déclaré le ministre de l'Intérieur et président de l'UMP lors de la sixième Conférence des villes. Après les lois Defferre de 1982 et la réforme du gouvernement Raffarin, «il faut aller à ce rendez-vous avec des solutions innovantes», a ajouté le ministre.
Il a notamment plaidé pour le développement du droit à l'expérimentation pour les collectivités locales, déjà prévu par la réforme Raffarin de 2004.
Le ministre de l'Intérieur a souhaité que la suppression de la carte scolaire qu'il appelle de ses voeux soit réalisée dans le cadre de cette «décentralisation sans tabou». Il a suggéré que les maires soient associés à l'évaluation des établissements scolaires qu'il propose.
«Je suis persuadé que les maires ne refuseraient pas un surcroît de responsabilité s'agissant de l'enseignement puisque vous êtes interrogés sur ces questions le matin, le midi et le soir», a-t-il lancé aux maires.
Nicolas Sarkozy a également souhaité que la politique d'aménagement du territoire «s'étende enfin aux villes», où vivent «quatre Français sur cinq». «L'enclavement, ce n'est pas simplement le plateau de Millevaches» dans le Limousin, a-t-il remarqué, en citant l'exemple de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), où ont débuté les émeutes de l'an dernier dans les banlieues.
Le ministre de l’Intérieur s'est en revanche déclaré «très réservé» sur la réforme des finances locales réclamée par les élus. «J'en vois tous les inconvénients sans trop en voir les avantages», a-t-il dit
09:47 Publié dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, 2007, politique
14.09.2006
Régimes spéciaux: Nicolas SARKOZY approuve François Fillon.
PARIS (AP) -- Nicolas Sarkozy a pris sa part depuis Washington dans la polémique née des déclarations de François Fillon sur une réforme des régimes spéciaux de retraite en approuvant son conseiller politique et en promettant un débat "en toute transparence" sur la question.
"Je ne comprends pas la polémique. François Fillon a le droit de porter les convictions qui sont les siennes dans une formation politique libre qui est celle de l'UMP", a souligné le président de l'UMP, interrogé par RTL en marge de la visite américaine du ministre de l'Intérieur.
"Qui peut dire que le problème des régimes spéciaux ne se pose pas?" a demandé Nicolas Sarkozy: "Est-ce qu'on a le droit de dire aux Français du régime privé comme du régime de la Fonction publique qui ont connu une réforme extrêmement difficile que la réforme c'est pour eux et que les autres jamais? Je laisse les socialistes dire cela".
"On débattra tranquillement de ce sujet, en toute transparence. On fixera un calendrier et des modalités", a encore dit Nicolas Sarkozy.
Mardi, En se prononçant pour une réforme des régimes spéciaux de retraite aussitôt après les élections, François Fillon avait semé l'embarras dans les rangs de l'UMP, qui s'est empressée d'éteindre l'incendie en assurant qu'il ne s'agissait que d'un avis "personnel".
Dans le "Parisien/Aujourd'hui en France", l'ancien ministre des Affaires sociales et auteur de la réforme des retraites de 2003 estimait que "les régimes spéciaux devront être réformés au début de la prochaine législature". Chargé de préparer le projet de l'UMP pour 2007, il promettait que cet engagement y figurera. "Enormément de Français attendent un langage de vérité", plaidait-il.
Les régimes spéciaux (SNCF, RATP, EDF-GDF, La Poste, mais aussi les marins ou clercs de notaire) autorisent des départs en retraite anticipés à 50 ou 55 ans en fonction des catégories de personnels et en fonction du nombre d'années de service. En 1995, Alain Juppé avait été contraint de reculer sur ce sujet sous la pression de la rue. Ces régimes n'ont pas non plus été modifiés par la loi sur les retraites du 21 août 2003.
07:30 Publié dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, retraite, 2007
09.09.2006
Lu pour Vous: Gaullien SARKOZY ?
par Robert Schneider
Politique - En quelques mois, le président de l’UMP est passé de la rupture libérale à une sorte de volontarisme gaullien. Comme Chirac avant lui.
Challenges.fr | 07.09.2006
Au fil de ses discours qu’il qualifie de « fondateurs », Nicolas Sarkozy cherche à dessiner son portrait de futur Président. Mais, à chaque fois, au lieu de se préciser, ses traits se brouillent. Comme si, à l’approche de l’élection présidentielle, ses tentatives de correction d’image et sa volonté de séduire des clientèles hétérogènes lui faisaient renoncer une à une aux cartes qui lui ont permis de s’imposer à droite.
Changements de pied
Où est donc passé l’homme de la rupture ? Depuis septembre 2005, Sarkozy s’était installé dans ce rôle. Il voulait en finir avec les politiques menées depuis trente ans. En clair, pas seulement avec la gestion des socialistes, mais aussi avec celles de Jacques Chirac et de la droite. Il n’avait pas de mots assez durs pour critiquer le modèle français, synonyme à ses yeux de chômage, d’inégalités et d’endettement.
Oh, certes, le président de l’UMP, qui connaît le poids des mots en politique, persiste et signe. « La rupture est nécessaire », s’est-il écrié dimanche à Marseille. Mais ce n’est plus la même ! Il ne s’agit plus de rompre avec le chiraquisme, mais avec les idées de Mai-68. Difficile de faire plus consensuel dans l’actuelle majorité ! D’ailleurs, Sarkozy condamne l’idéologie libertaire non seulement au nom des valeurs de droite, mais aussi au nom de Jaurès et de Blum, qu’il oppose – c’est un classique du camp conservateur – aux socialistes d’aujourd’hui.
Mais où est donc passé le champion du libéralisme, l’opposant intransigeant à Chirac et à Villepin qui incarnent, à ses yeux, un centralisme étatique d’un autre âge ? La soudaineté de son virage à Agen, le 22 juin, a déconcerté ses propres amis. Le voilà qui attaque la politique menée par la Banque centrale européenne et critique le dogme de la dépense publique. Apparemment converti aux idées de Keynes, il va même jusqu’à dire, comme certains à gauche, que « ce n’est pas le défi cit qui crée le chômage, mais le chômage qui creuse le déficit », et donc que « la dette publique doit être remboursée par la croissance et non par la diminution du pouvoir d’achat ». Au grand dam d’Edouard Balladur, qui s’émeut de la résurgence du débat sur « l’autre politique ».
Libéralisme « régulé »
Là encore, Sarkozy affirme ne pas se contredire. Il est toujours libéral, dit-il, puisqu’il prône la responsabilité individuelle, la réussite par le mérite, la concurrence, l’allègement de la fi scalité des entreprises, une flexibilité accrue, la réduction du coût du travail, la suppression des droits de succession. Mais son libéralisme n’est plus le même ! Il est « régulé », il s’accommode de l’intervention de l’Etat pour sauver Alstom, pour pousser au rapprochement de Sanofi et d’Aventis, pour imposer une baisse des prix à la grande distribution. Il est devenu « populaire » par opposition au capitalisme « sans règle et sans éthique ».
Pourquoi ces changements de pied qui troublent ses partisans sans rassurer ceux qu’il inquiète ? Première raison : il pense, à juste titre, qu’il est désormais sans rival à droite. Le sondage Ifop dans Le Journal du dimanche le confirme : 45 % des Français souhaitent sa candidature, contre 8 % pour Villepin et 3 % pour Chirac. Il a d’abord cherché à séduire le noyau dur de l’électorat de droite qui souhaite une remise en cause du syndicalisme, de l’étatisme, de la fiscalité. Et à justifier sa candidature. S’il s’opposait au Président, ce n’était pas par ambition personnelle, suggérait-il, mais pour défendre des idées différentes. Chirac n’avait pas agi autrement avec Balladur en 1995. Il avait fait sien le discours sur la fracture sociale pour s’opposer à son rival.
Seconde raison : Sarkozy sait que les Français, tous les sondages le prouvent, sont réfractaires au libéralisme. Pas question donc de se marginaliser en chaussant les bottes de Madelin. Pour accéder à l’Elysée, il lui faut rassembler les libéraux, les centristes, les européens, les souverainistes et, pourquoi pas, des déçus de la gauche.
Pillage d’idées
C’est pourquoi Sarkozy est passé en quelques mois de la rupture libérale à une sorte de volontarisme gaullien. Un peu à la manière de Chirac en 1995 qui s’appuyait à la fois sur Madelin et Séguin. A Douai, en avril, il lance : « Seul un Etat fort peut accompagner le changement. » En mai, à Nîmes, il évoque « la grandeur de la France éternelle ». A Agen, en juin, il dénonce les patrons voyous et amorce un virage social. A Marseille, le week-end dernier, il tente de se réconcilier avec la jeunesse qui ne lui a pas pardonné le « Kärcher » et la « racaille ». Pour la séduire, il n’hésite pas à puiser dans le projet socialiste : service civique, droit à la formation tout au long de la vie, droit aux jeunes de disposer d’une « autonomie financière »… On croirait entendre Martine Aubry !
Heureusement que, dans son livre Témoignage, Sarkozy se définit comme gaulliste. En fait, il est l’enfant du chiraquisme. Comme Chirac qui lui a tout appris, il est, on l’a vu, d’une étonnante plasticité et possède un culot monstre. Comme Chirac, il est capable de surprenants zigzags. Comme Chirac, il change de convictions au gré de ses intérêts électoraux. Comme Chirac, avant même d’avoir conquis le pouvoir, il donne le sentiment de naviguer à vue.
09:25 Publié dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

