Le candidat UMP énonce ses engagements dans une plaquette distribuée à huit millions d'exemplaires.
« JE VEUX être le président de la République qui réformera la France... Notre pays a besoin de changements profonds. » C'est sur cette profession de foi, en ligne sur son site depuis hier, que s'ouvre la plaquette de Nicolas Sarkozy, distribuée à 8 millions d'exemplaires, et qui fixe ses grands engagements déclinés en 15 chapitres. « La réhabilitation du travail est au coeur de mon projet », écrit-il en préambule de ce document - « Mon projet pour la France » - où il reprend les propositions égrenées au long de ses discours. Parfois avec davantage de précisions, parfois de façon beaucoup plus floue.
Ainsi nulle référence à la baisse très commentée de quatre points en dix ans des prélèvements obligatoires, et pas davantage au bouclier fiscal de 50 %. « Je n'augmenterai pas les impôts, mais au contraire ferai tout pour les baisser », écrit-il en mentionnant aussi l'objectif de « réduire la dette et le déficit ». Nulle référence précise non plus au nombre de fonctionnaires, même si l'engagement de « ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux » est en revanche repris dans un entretien à L'Express hier. Dans ce même entretien, le candidat UMP indique aussi qu'il lancera « une expérimentation de TVA sociale » et confirme la création d'une « franchise » sur les dépenses d'assurance-maladie, oubliée dans le projet officiel, où il se contente de marquer sa volonté que « chacun se sente responsable du financement de notre système de santé ».
Prudence aussi sur le service public de l'emploi : « L'ANPE, l'Unedic, les maisons de l'emploi seront réunies en un seul service public », est-il écrit, ce qui n'implique pas forcément la « fusion » que rejettent les partenaires sociaux. Entre la plaquette de campagne et l'entretien à L'Express, voici les grands points du projet économique et social.
Modernisation du dialogue social : liberté de candidature au premier tour des élections professionnelles, représentativité des syndicats déterminée en fonction des résultats aux élections, vote à bulletin secret au bout de huit jours de grève, et « loi sur le service minimum garanti » en cas de grève. Dans L'Express, Sarkozy laisse la porte ouverte à « une solution contractuelle, sans passer par la loi ».
Objectif 5 % de chômage en 2012 : au-delà des mesures concrètes - pas d'impôt sur les jobs étudiants, cumul emploi-retraite -, le projet souligne la nécessité de changer de politique économique pour investir massivement sur la formation, l'innovation et la recherche, rapprocher « la fiscalité des entreprises de la moyenne européenne, et réduire la fiscalité qui pèse sur le travail ».
Réhabiliter le travail : le projet confirme le contrat unique pour les nouveaux embauchés « plus souple pour les entreprises, plus sécurisant pour les salariés ». Il reprend le contrat Borloo en expérimentation pour les licenciés économiques avec transfert de leur contrat de travail au service de l'emploi et garantie de « 90 % de la rémunération antérieure aussi longtemps que nécessaire, pour suivre une formation qualifiante, trouver un nouvel emploi... Mais, il ne sera plus possible de refuser deux emplois sans justification ». Le candidat qui veut une « démocratie irréprochable » précise dans L'Express qu'il veut « rendre illégaux les parachutes dorés ».
Pouvoir d'achat : « Les heures supplémentaires seront toutes payées au moins 25 % de plus que les heures normales, et seront exonérées de toute charge sociale et de tout impôt »... La conférence en juin sur l'égalité salariale et professionnelle est confirmée, de même que la revalorisation des petites retraites et la hausse de 25 % du minimum vieillesse financées grâce à « la réforme des régimes spéciaux ».
Logement et famille : pour les locataires, suppression de l'obligation de caution et du dépôt de garantie ; pour les propriétaires, déduction de l'impôt des intérêts de l'emprunt - « Probablement à partir de juillet », précise-t-il dans L'Express et « y compris sur les intérêts à courir des emprunts déjà contractés » - et crédit d'impôt pour ceux qui ne paient pas d'impôt. Le projet Sarkozy confirme enfin les allocations familiales « dès le premier enfant », des droits de retraite « à ceux qui se consacrent à leurs enfants ou s'occupent d'une personne handicapée » et la suppression des droits de donation et de succession sauf pour « les plus riches ». (LE FIGARO)
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