18.02.2007
L'effet Ségolène: la gauche au plus bas depuis 1969 !
Si l'élection avait lieu dimanche, de l'avis unanime des analystes des instituts de sondage, Nicolas Sarkozy aurait toutes les chances de l'emporter au second tour, tant l'écart droite-gauche est important.
Paradoxe de cette situation, la candidate socialiste Ségolène Royal, bien qu'elle ait perdu des points ces dernières semaines, reste créditée d'un niveau relativement élevé d'intentions de vote: entre 26% et 29%, selon les instituts.
C'est beaucoup plus que les 16,18% obtenus par Lionel Jospin en 2002 et même que ses 23,30% de 1995. Si elle reste loin des 34,11% de François Mitterrand au premier tour de 1988, elle dépasse le niveau de l'ancien président en 1981, avant sa victoire historique: 25,85%.
C'est en fait la faiblesse du reste de la gauche qui place aujourd'hui la candidate PS dans une situation délicate. Qu'ils soient d'extrême gauche, communistes, anti-libéraux ou Verts, aucun des autres candidats en course n'atteint les 5%, et la plupart plafonnent le plus souvent à 2%.
Outre le réflexe "vote utile" d'une partie des électeurs de ces mouvances, qui ne veulent pas voir se renouveler le scénario de 2002 où l'émiettement des voix avait précipité le fiasco de Lionel Jospin, aucun des candidats de la gauche de la gauche ou écologiste ne semble en mesure de créer pour l'instant une véritable dynamique.
Résultat, le total de la gauche se situe aujourd'hui aux alentours de 38% avec un point bas à 36,5% (Ipsos) et un point haut à 40% (LH2).
Aux présidentielles de 2002 et 1995, marquées par des défaites, la gauche avait totalisé au premier tour respectivement 40,89% et 40,56%. A celles de 1988 et 1981, où elle l'avait emporté, elle avait atteint 49,12% et 50,70%.
Même si, selon Emmanuel Rivière (Sofres), "il faut se montrer prudent dans l'exercice consistant à comparer des sondages avec des vrais totaux de premier tour", le maintien de la situation actuelle sonnerait sans doute le glas des chances de Mme Royal.
"Si la gauche reste entre 36 et 39% au premier tour, c'est impossible qu'elle l'emporte, même avec un très fort TSS (Tout sauf Sarko) au second", assure Frédéric Dabi (Ifop).
Autre handicap sérieux pour Mme Royal, l'affirmation de François Bayrou dans une position médiane entre la gauche et la droite, qui brouille un peu les pistes. "Il y a peut être maintenant une gauche, un centre et une droite et peut être un peu de la gauche d'autrefois dans le Bayrou d'aujourd'hui", affirme Emmanuel Rivière.
Selon lui, un tiers des 14% d'électeurs qui se déclarent actuellement en faveur du candidat UDF pour le premier tour devraient se reporter sur Mme Royal au second, ce qui correspondrait à un gain de 5 points.
Mais, selon les sondeurs, la faiblesse de la gauche vient surtout de ses difficultés à mobiliser ses soutiens traditionnels. Ainsi, la moitié de l'électorat ouvrier se prononcerait aujourd'hui pour Nicolas Sarkozy ou Jean-Marie Le Pen.
Selon Frédéric Dabi c'est "le brouillage" du message actuel du PS qui explique qu'il ne suscite pas l'adhésion. "Trois ans après son triomphe aux élections locales de 2004, il n'a pas réussi à transformer le vote de rejet des gouvernements Raffarin en désir de la gauche", affirme-t-il.( Le Figaro)
14:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, 2007, sarkozy


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