08.02.2007
Nicolas SARKOZY propose une "Union Méditerranée"...
Nicolas Sarkozy veut réunifier la Méditerranée. Le candidat UMP à l’élection présidentielle a proposé mercredi que la France prenne l’initiative de construire une "Union méditerranéenne" sur le modèle de l’Union européenne.
Chassant sur les terres du Front national, le président de l’UMP, en tête dans les sondages, a fustigé les "professionnels de la repentance" lors d’une réunion publique à Toulon (Var) devant 8.000 militants.
Le président de l’UMP avait choisi la "ville du grand large", pour ce discours-programme sur la "grande politique méditerranéenne" qu’il appelle de ses voeux. Remisant ses références désormais habituelles à Jaurès et Blum pour mettre ses pas dans ceux de Jean Monnet, il a rappelé que la Méditerranée avait "fait naître l’homme européen".
"Notre grand tort est d’avoir longtemps, trop longtemps, tourné le dos à la Méditerranée", a estimé le candidat. Un oubli dû selon lui à la guerre d’Algérie, à "l’occultation du passé colonial" de l’Europe et à la "mode si détestable de la repentance".
Face à la menace du "choc des civilisations", Nicolas Sarkozy a jugé que "l’avenir de l’Europe est au sud". Dans cet esprit, il a plaidé pour une relance du dialogue entre les deux rives de la Méditerranée, mort-né depuis l’échec du processus lancé en 1992 à Barcelone, qui n’a débouché sur rien de concret.
Le candidat a donc proposé que la France prenne l’initiative d’une "Union méditerranéenne" avec les autres pays européens riverains. Il a précisé que cette Union "aura vocation" à se doter d’institutions communes avec l’UE et "pourrait s’organiser autour d’une rencontre périodique de ses chefs d’État et de gouvernement".
Nicolas Sarkozy n’a pas précisé la composition de cette Union méditerranéenne, mais souhaité que la Turquie, dont il estime qu’elle "n’a pas sa place" en Europe, soit le "pivot" du nouvel ensemble. Il a aussi expliqué que la résolution du conflit israélo-palestinien et la refondation de la politique arabe de la France devaient être recherchées "dans la perspective de cette Union méditerranéenne".
Le candidat UMP a souhaité que les quatre piliers de cette nouvelle organisation internationale soient une "politique d’immigration choisie", l’écologie, le co-développement et la lutte contre le crime organisé.
"Je veux être le président d’une France qui engagera la Méditerranée sur la voie de sa réunification après 12 siècles de divisions et de déchirements", a résumé M. Sarkozy.
Si le candidat a consacré l’essentiel de son discours à ce projet d’Union méditerrannéenne, il a surtout été ovationné par les militants des fédérations UMP du sud de la France lorsqu’il a repris les thématiques du Front national dans cette ville gérée entre 1995 et 2001 par l’extrême droite.
Il a été le plus applaudi lorsqu’il a lancé à propos de l’immigration que "personne n’est obligé de vivre en France contre son gré" ou lorsqu’il a fustigé "l’assisté qui gagne plus que le travailleur".
Dans une région où les rapatriés d’Afrique du Nord sont nombreux, Nicolas Sarkozy n’a pas manqué de reconnaître la "dette morale" de la France à l’égard des rapatriés, des harkis et des anciens combattants des ex-colonies. "On doit désapprouver la colonisation et le système injuste, mais il ne faut pas confondre le système et les hommes", a-t-il dit, deux ans après la polémique sur le "rôle positif" de la colonisation. Et de s’en prendre aux "adeptes de la repentance qui refont l’histoire".
Tout au long de son discours, le candidat UMP n’a pas répondu aux attaques lancées la veille contre lui par son adversaire socialiste Ségolène Royal, qui l’avait accusé de "cacher" dans cette campagne qu’il se "bushise".
Il a laissé Michèle Alliot-Marie, présente à ses côtés, se charger de la riposte. "L’imagination qui semble faire défaut à la candidate socialiste quand il s’agit de son programme est (...) débordante quand il est question d’inventer des complots fantasmatiques ou d’attiser les peurs", a lancé la ministre de la Défense.
23:55 Publié dans ACTUALITES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : 2007, sarkozy


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