31.01.2007

Le Socialiste Tony Blair apporte son soutien à Nicolas SARKOZY...

medium_tony_blair.jpgL'UMP Nicolas Sarkozy a enrôlé dans sa campagne présidentielle le travailliste Tony Blair, dont il a loué le "pragmatisme" et "le travail très remarquable" au service de la Grande-Bretagne".

Le ministre français de l'Intérieur, dont c'était la première visite à l'étranger en tant que candidat officiel de l'UMP à l'Elysée, a même recruté, le temps d'un lapsus, le Premier ministre britannique dans sa famille politique.

"Les socialistes européens devraient être fiers de ce qu'a fait l'un des nôtres", a déclaré le candidat à l'Elysée à l'issue d'un déjeuner au 10 Downing Street, avant de rectifier dans le même souffle : "L'un des leurs."

Tony Blair avait auparavant raccompagné Nicolas Sarkozy sur le seuil de la résidence des Premiers ministres britanniques. Les deux hommes, souriants, ont posé pour les photographes et les caméras de télévision. Nicolas Sarkozy a mis un instant sa main sur l'épaule de Tony Blair avant de prendre congé.

Devant la presse, l'homme qui veut "décomplexer" la droite française a ensuite rendu un hommage vibrant à l'artisan du "New Labour", dont le "social-libéralisme" ne fait guère recette dans la gauche française.

Nicolas Sarkozy a déclaré avoir "beaucoup d'admiration et d'amitié" pour Tony Blair, "un homme qui compte en Europe", avec qui il a dit avoir une "très grande proximité".

Il a loué la façon dont Tony Blair "a conduit la Grande-Bretagne, avec la résolution du problème de l'Irlande du Nord, le plein emploi, la modernisation du pays."

"C'est quelque chose qui doit nous faire réfléchir", a-t-il poursuivi. "Il ne s'agit pas de plaquer un modèle qui n'est pas le nôtre. Mais en même temps, Tony Blair est un homme dont le pragmatisme a été très utile à son pays."

"Je veux construire le meilleur pour la France. Je veux donc rencontrer ceux qui, par le monde, ont bien servi leur pays", a souligné le président de l'UMP, qui a prévu de rencontrer la chancelière allemande Angela Merkel le 12 février.

Il a certes reconnu qu'il avait des désaccords avec Tony Blair - "L'affaire de l'Irak" et de l'intervention militaire américano-britannique dans ce pays "en est un", a-t-il dit.

Il n'en a pas moins délivré un brevet européen à un Tony Blair en fin de règne et souvent critiqué pour son "atlantisme" et ses relations avec les Etats-Unis : "Je lui ai dit que l'Europe avait besoin des Anglais et de l'Angleterre pour sortir de l'impasse dans laquelle nous nous trouvons."

Il a assuré que sa proposition de "traité simplifié" pour remplacer la Constitution européenne rejetée en 2005 par les Français et les Néerlandais suscitait l'intérêt de Tony Blair.

"C'est une proposition qui commence à progresser en Europe", a-t-il dit. "J'en ai parlé avec le Premier ministre britannique, qui est très intéressé par cette stratégie."

Il a également rendu hommage à la politique britannique de lutte contre le chômage en allant visiter un centre de recherche d'emploi : "Le résultat, c'est 4,5% de chômeurs, c'est-à-dire deux fois moins qu'en France", a-t-il déclaré.

Il s'est engagé, s'il est élu, à ramener le plein emploi en France en s'inspirant des solutions britanniques - notamment la fusion des services versant les allocations-chômage et de ceux qui sont consacrés à la recherche d'emploi, et l'établissement d'un lien entre indemnisation et recherche d'une activité.

"Le plein emploi est possible en France. C'est un engagement que je prends", a dit le ministre de l'Intérieur.Il devait achever sa visite par une réunion publique avec plus de 2.000 des quelque 300.000 Français installés au Royaume Uni (environ 250.000 à Londres). Autant d'électeurs.(Extrait L'Express)

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