24.01.2007
Et une Bourde de plus ! une... Si cela n'est pas fait exprès, c'est bien imité !
Mme Royal avait affirmé lundi à Radio Canada, après une rencontre à Paris avec le chef du Parti québécois (indépendantiste), André Boisclair, qu'elle partageait avec lui "des valeurs communes", comme "la liberté et la souveraineté du Québec". Le sujet est extrêmement sensible au Canada.
La politique de la France vis-à-vis de la seule province majoritairement francophone de ce pays est résumée par la formule "ni ingérence, ni indifférence", façon de marquer son attachement au Québec tout en ménageant Ottawa. Formule reprise mardi par Mme Royal.
La déclaration de la candidate du PS a fait sortir de ses gonds le Premier ministre canadien conservateur, Stephen Harper. "L'expérience enseigne qu'il est tout à fait inapproprié pour un leader étranger de se mêler des affaires démocratiques d'un autre pays", a-t-il dit dans un communiqué.
M. Boisclair a jugé cette réaction "démesurée", affirmant qu'il n'y avait chez Ségolène Royal "aucune animosité pour le Canada mais bien de l'amitié pour le Québec".
La candidate s'est défendue d'avoir mis ses pas dans ceux du général de Gaulle qui, en 1967, s'était écrié à Montréal: "Vive le Québec libre!"
A l'entendre, ses propos ne concernaient pas "les questions institutionnelles", c'est-à-dire le statut du Québec, mais le principe général de souveraineté populaire.
"Les Québécois se sont déjà prononcés à deux reprises, peut-être se prononceront-ils encore si les circonstances se présentent et ils le feront de façon souveraine et libre", a-t-elle affirmé mardi.
Le Parti québécois prévoit d'organiser un nouveau référendum sur l'indépendance de la province s'il revient au pouvoir lors d'élections prévues d'ici 2008.
La droite, qui attaque régulièrement "l'inexpérience" de Mme Royal en politique étrangère, s'est aussitôt emparée de l'affaire.
L'UMP a parlé de "commentaires déplacés", l'UDF de "bourde préoccupante".
La ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a accusé Mme Royal de se montrer "extrêmement légère sur des sujets sensibles", et le ministre des affaires étrangères Philippe Douste-Blazy a estimé qu' "à force de légèreté, on peut faire beaucoup de dégâts, en particulier sur le plan international". Quant à l'ancien Premier ministre français Alain Juppé, en visite en Inde, il a jugé que l'incident était "la démonstration qu'en matière de diplomatie, il faut prendre un peu de recul par rapport à l'émotion du moment".
La droite s'était déjà déchaînée au cours du périple au Proche-Orient de la candidate, fin novembre, critiquant ses déclarations et son absence de réaction immédiate à l'assimilation au nazisme de l'intervention israélienne au Liban l'été dernier, qu'aurait faite un député du Hezbollah en sa présence.
Une deuxième salve de critiques a ponctué son récent voyage en Chine, lorsque la candidate, appelant de ses voeux "l'établissement d'un Etat de droit mondial", avait relevé que les tribunaux y sont "parfois plus rapides qu'en France".
Sans surprise, les partisans de Mme Royal, ont volé à son secours.
Le chef de file des députés PS, Jean-Marc Ayrault, a accusé la droite de "tout faire pour démolir et discréditer la candidate" en essayant "de caricaturer et déformer" ses propos.
Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du MRC, a estimé qu'elle n'avait "rien fait d'autre que rappeler ce qu'avait dit le général de Gaulle, Jacques Chirac lui-même, Philippe Séguin, Alain Juppé et beaucoup d'autres".(Presse MSN)
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