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31.10.2006
Marseille ... suite.
Nicolas Sarkozy a annoncé lundi des avancées dans l'enquête pour retrouver les auteurs de l'incendie d'un bus samedi soir à Marseille, dans lequel une jeune femme a été très grièvement brûlée.
Interrogé sur Europe-1, le ministre de l'Intérieur a précisé que des mineurs se trouvent parmi les responsables présumés de cet acte. «Un énorme travail a été fait depuis que cet acte criminel, inadmissible, inacceptable et qui ne restera pas sans réponse a été commis». «J'ai bon espoir que dans les tout prochains jours, il y ait des éléments nouveaux», a dit le ministre en refusant d'entrer dans le détail mais précisant simplement que des mineurs sont impliqués dans cet acte.
«Ceux qui sont capables d'entrer dans un bus, de jeter de l'essence, de mettre le feu, quel que soit leur âge, doivent rendre compte d'un acte criminel. Nous avons des éléments qui nous permettent de penser qu'il y a, parmi les auteurs, des mineurs», a ajouté Nicolas Sarkozy.
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30.10.2006
Banlieue : Quel est le rôle des Médias ?
23:59 Publié dans ACTUALITES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : banlieue
29.10.2006
Nicolas SARKOZY et la France qui "ne casse rien"...
Loin des banlieues, Nicolas Sarkozy, en déplacement en Lozère, s'est adressé vendredi à la France "qui ne casse rien", considérant qu'"il n'y a pas d'anniversaire" à célébrer, un an après le début des émeutes urbaines.
"Pour moi, il n'y a pas d'anniversaire. Il y a une France qui est multiple et chacun doit se sentir considéré et respecté. Ce n'est pas parce qu'on ne brûle pas de bus qu'il n'y a pas de souffrance, d'inquiétude, de besoins, d'aspirations et de demandes", a affirmé le ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire, sur les marches de la Maison de pays à Rieutort-de-Randon.
"L'Etat républicain ne peut pas se préoccuper uniquement de ceux qui se comportent mal, mais aussi de ces millions d'anonymes qui vivent sans rien demander et qui entendent être respectés", a poursuivi le ministre, devant de nombreux habitants et élus.
"Etre là en Lozère aujourd'hui, c'est une façon de dire que ce n'est pas parce qu'elle ne casse rien qu'elle ne doit pas avoir la parole, cette France-là, elle compte aussi", a-t-il indiqué.
Lors de sa visite, le ministre s'est rendu dans un café-bar, une boucherie, un bureau de poste, insistant sur leur rôle déterminant dans la vie des communes rurales.
"Vous êtes une France qui respecte les services publics et il ne viendrait à personne l'idée d'aller brûler les services publics parce qu'on sait ici qu'ils sont la vie", a poursuivi M. Sarkozy, à l'adresse des Lozériens présents. "Les valeurs qui sont les vôtres, ce sont le travail, l'humilité face aux savoirs et la solidarité familiale ou de village", a-t-il dit.
En inaugurant à Marvejols le chantier d'un pôle médico-chirurgical public-privé, M. Sarkozy, face aux élus locaux, aux habitants et responsables du chantier, a déclaré: "Vous avez fait beaucoup d'efforts. On ne donne pas assez à ceux qui veulent construire et un peu trop à ceux qui veulent empoisonner la vie des autres".
"C'est un beau symbole de venir voir des compatriotes qui ont des inquiétudes mais qui ne les font pas entendre en cassant des abris de bus ou en mettant le feu", a insisté le ministre, à l'issue de l'inauguration d'un nouveau plateau technique au sein du centre hospitalier de Mende.
Faisant le point sur les pôles d'excellence rurale, le ministre a indiqué avoir "retenu les candidatures de 176" d'entre eux portant 580 millions d'euros de projets et qui "vont créer d'ici 2009, plus de 7.000 emplois". Lors d'une visite dans une exploitation laitière à Savigner, il a signé une "convention-cadre" sur un projet de "valorisation de la qualité du lait en Margeride", labellisé "pôle d'excellence rurale".
M. Sarkozy a enfin insisté sur le rôle des nouvelles technologies et notamment de l'internet à haut débit, qui "mettent villes et campagnes sur un pied d'égalité dans l'accès à la connaissance". Selon lui, "chaque ferme peut abriter une start-up, chaque village un créateur de jeux vidéo et chaque bourg un centre d'appel".
09:05 Publié dans ACTUALITES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, 2007
28.10.2006
Débat au PS !
23:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ségolène
Jurys populaires... populisme.
Il ne mâche pas ses mots. Nicolas Sarkozy a qualifié devant la commission des lois de l'Assemblée nationale "d'outrancièrement populiste" la proposition de Ségolène Royal de créer des jurys citoyens.
Lors de son audition mardi par la commission des Lois sur le budget de son ministère, Nicolas Sarkozy a fait référence implicitement à la candidate socialiste à l'investiture PS pour la présidentielle, mais sans la nommer. Il défendait alors devant la commission le versement d'une prime pour résultats exceptionnels versée aux fonctionnaires de police.
"Extrêmement choqué"
"Il est confondant qu'on ait pu qualifier de populiste la rémunération partielle des fonctionnaires au mérite quand on entend maintenant formuler une proposition - qui est elle outrancièrement populiste - d'instauration de jurys populaires tirés au sort pour juger l'action des élus", a déclaré le président de l'UMP.
Emile Zuccarelli (PRG) s'est dit "extrêmement choqué" par les attaques de l'UMP et du gouvernement contre Ségolène Royal, mardi lors de la séance des questions d'actualité. En réponse à Marc-Philippe Daubresse, le bras droit de Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux (Collectivités territoriales) ont accusé la présidente de la région Poitou-Charentes de "s'attaquer à la République".
13:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Politique, 2007
26.10.2006
Lu pour Vous : Interview Le Parisien...
Interview de Nicolas Sarkozy
Ministre d’Etat, de l’Intérieur et de l’Aménagement du Territoire
Président de l’UMP
Le Parisien
20 octobre 2006
Rose DJOB. Pourquoi la police n'est-elle plus respectée aujourd'hui en France? Autrefois, quand je retournais au Cameroun, la police française, c'était une référence. On nous disait «Bonjour Monsieur, bonjour Madame» avant de nous demander nos papiers, et on ne nous tutoyait pas...
Nicolas Sarkozy.
Je m'inscris en faux: notre police républicaine fait l'admiration du monde entier pour son savoir-faire et sa maîtrise. Nous avons connu en novembre 2005 des émeutes d'une violence inouïe. Certaines nuits, j'ai eu jusqu'à 14 000 policiers dehors. Une nuit, aux Tarterêts, dans l'Essonne, on a tiré à onze reprises sur les policiers: aucun n'a sorti son arme pour répliquer. Il n'y a eu, au total, aucune victime parmi les émeutiers, aucune victime parmi les policiers. Ce matin (NDLR: hier matin), on a été chercher les huit coupables de l'opération d'Epinay où un groupe a brisé la mâchoire d'un fonctionnaire: c'était un vrai guet-apens. Aucun policier n'a tiré. Aux Tarterêts, le CRS frappé à la tête pendant quatre minutes d'affilée avec des barres de fer et des battes de base-ball avait une arme: il n'en a pas fait usage. La police est républicaine et, dans son immense majorité, elle est impeccable.
Certes, il peut y avoir quelques personnes qui dérapent et je suis, dans ce cas, d'une sévérité absolue.
Et le tutoiement systématique?
Je déteste la familiarité. J'ai interdit le tutoiement, qui est insupportable. Je déteste le bras qui pend à la fenêtre de la voiture: les policiers au travail ne sont pas "en goguette". Cela dit, il y a moins de comportements discutables qu'autrefois. Pour deux raisons: la présence de femmes, qui jouent le rôle de modératrices. Quand une femme est présente dans une équipe, la tentation du relâchement recule. Le second élément qui a fait bouger les choses, c'est que le visage de votre police _je dis bien votre police_ a changé: il ressemble au vôtre. Il n'y a pas assez de policiers de couleur ou d'origine étrangère au niveau des commissaires, des directeurs et des préfets. Mais, sur le terrain, on trouve nombre de nos compatriotes de la France multiple. Cela dit, pourquoi y a-t-il plus de policiers blessés? Depuis le début de l'année, 2890. On va se parler franchement: jusqu'en 2002, on leur demandait de ne pas entrer dans les cités sensibles. S'il y a eu plus de blessés, c'est parce qu'ils vont davantage au contact et qu'ils interpellent. Tout manque de respect, je le condamne. Mais être policier, c'est un sacré boulot difficile.
Aïssata TOUNKARA. Qu'avons-nous, nous qui vivons dans ces quartiers-là, comme moyens d'expression pour qu'on nous entende et qu'on puisse demander justice? Il y a eu des phrases qui ont blessé et quand on est blessé, on est tenté de riposter...
J'ai été souvent à Argenteuil, notamment sur la dalle, qui est le lieu le plus criminogène d'Ile de France, où les gens ont peur de se promener dès que la nuit tombe. Vous n'allez quand même pas me dire que le trafic de drogue en banlieue, la violence en banlieue, la peur dans les transports en commun, la détestation de vivre dans certains quartiers, ça a commencé lorsque je me suis rendu à Argenteuil, où j'étais attendu par 200 voyous? Le ministre de l'Intérieur de la République a le droit d'aller où il veut et quand il veut, que cela plaise ou non aux voyous.
Aïssata TOUNKARA. Mais pourquoi la nuit, et pas à 10 heures du matin?
Je suis désolé: à 10 heures du matin, ça ne sert à rien car _les voyous_ dont je m'occupe, ne sont pas levés à cette heure-là. Tant que je serai ministre de l'Intérieur, chaque centimètre carré de la République française sera un lieu ouvert. A Argenteuil, une femme d'origine maghrébine a ouvert sa fenêtre à mon arrivée et a crié: M. Sarkozy, on n'en peut plus. Débarrassez-nous de cette racaille! Et c'est parce que j'ai répondu à cette femme qu'il y aurait eu des émeutes? Vous êtes trop intelligente pour vous laisser aller à penser cela. Et pourquoi n'y suis-je pas revenu depuis? C'est simple: si je me déplace, on dit que je fais de la provocation; si je n'y vais pas, on dit que j'oublie. Les victimes, ce sont les gens qui habitent là, qui demandent à bosser et qui en ont marre. Du trafic de drogue, de la brutalité, de la violence faite aux filles, de la loi du silence et de la terreur que fait régner une petite bande.
Omar DAWSON. Beaucoup critiquent votre politique sécuritaire. Moi qui habite Grigny, je pense qu'il serait possible de vous soutenir mais à une condition: êtes-vous prêt à nettoyer le milieu politique et financier des voyous, de la racaille en col blanc, au risque de «karchériser» certains de vos collègues au risque de vous éclabousser vous-même?
Oui. Dans un discours à Agen, j'ai employé une expression qui m'a été reprochée par certains de mes amis. J'ai dénoncé les «patrons voyous» et je continuerai à le faire. La faiblesse à l'égard des délits économiques et financiers, je ne l'accepte pas. Mais, jusqu'à plus ample informé _cela fait 25 ans que je fais de la politique et j'ai été examiné sous toutes les coutures et on ne m'a jamais rien reproché sur le plan de l'honnêteté _ J'ai plutôt l'impression que le scandale Clearstream, on l'a fait contre moi. Cela dit, laissez-moi reparler de l'insécurité. Je pense que porter atteinte à l'intégrité physique d'une personne ou ne pas y porter atteinte, c'est différent. Je propose donc que toute personne portant atteinte à l'intégrité physique d'une victime fasse de la prison préventive. Et que, dans l'autre cas, la prison provisoire soit exclue. Vous volez le sac à main d'une dame posé sur un banc: pas de prison préventive. A moto, vous lui arrachez le sac et vous lui cassez le bras: prison préventive.
Omar DAWSON. Pourtant, on dit que les effectifs des brigades financières ont diminué !
Il n'y a pas les voyous des banlieues et les voyous des beaux quartiers. C'est la même chose. A Périgueux, j'ai même dénoncé à la tribune ceux qui remettent en cause le pacte social en fraudant les Assedic, la Sécurité sociale, le fisc.
Mohamed RAGOUBI. Quand un maire décide de raser un immeuble en présentant ses occupants comme des délinquants, sans savoir où ils pourraient ensuite être relogés, ne peut-on pas parler d'épuration sociale ?
On ne peut pas nous en vouloir d'essayer de reconstruire des quartiers à dimension humaine. On sait bien que toutes ces tours et toutes ces barres, ce n'est pas formidable pour créer de la convivialité.
Si on veut reconstruire, il faut bien commencer par démolir.
Deuxièmement, faute de regarder la vérité en face, on a créé de véritables ghettos. L'immigration, c'est positif, et j'ai été l'un des premiers hommes de droite à dire cela. Mais on ne peut plus continuer à recevoir tout le monde. Prétendre régulariser tout le monde, c est une folie.
Troisièmement: on doit changer de politique de la ville. Refaire un immeuble, c'est bien mais, si vous ne donnez pas une formation, un boulot, une perspective à celui qui va s'installer dans l'immeuble, permettez-moi de dire que, très vite, l'immeuble sera à nouveau dégradé. A chaque jeune, on doit mettre un marché en main en lui donnant la chance d'une formation rémunérée. Mais, en échange, on doit leur dire: «Tu te lèves tôt, tu suis tes cours, tu mérites la chance qu'on te donne.»
Dawari HORSFALL. Les opérations de rénovation des immeubles permettent-elles réellement de faire diminuer la délinquance ?
Je vais vous citer un exemple: la délinquance dans les Hauts-de-Seine entre 1998 et 2002 avait augmenté de 18,49%. Depuis 2002, elle a baissé de 9,11%. Je ne sais pas si j'ai bien fait mais en 2002, on a eu Jean-Marie Le Pen au deuxième tour de la présidentielle. Pour la première fois dans l'histoire de la République française, on a dépassé cette année-là les 4 millions de crimes et délits. Les gens n'en peuvent plus. Prenez les transports en commun: entre 2000 et 2002 dans le métro et le RER en région parisienne, la délinquance avait augmenté de 30%. Je mets en place une police régionale des transports: la délinquance diminue de 8%. Cela ne veut pas dire que la violence endémique de notre société a été extirpée. Cela ne veut pas dire que, dans tous les quartiers, ça va mieux, mais on a avancé.
Dawari HORSFALL. Et vous voulez aller jusqu'où ?
Qu'est-ce qui a fait des ravages à Antony, à Massy comme presque partout ailleurs? Le sentiment d'impunité d'un certain nombre d'individus qui se croient tout permis. Je propose donc deux choses. Je pense à un cas qui s'est produit au tribunal de Bobigny. Un individu avait à son actif 50 vols à la portière. On le met sous contrôle judiciaire, pas en prison. Il sort du tribunal, il fait le 51ème vol. A un certain niveau de récidive _cinq ou dix condamnations, par exemple _ on ne doit plus condamner au titre de la dernière infraction commise mais en tenant compte de l'accumulation des délits. Pour que, enfin, ça s'arrête. Ma deuxième proposition concerne la création de peines plancher. A quoi ça sert de voter des lois plus sévères si tel ou tel magistrat ne les applique pas? Je propose qu'un multirécidiviste soit certain de la peine minimale qu'il va encourir. Dernier point, le plus important, les mineurs. Je propose qu'un mineur récidiviste âgé de 16 à 18 ans soit considéré comme majeur. Dans certains quartiers, les mineurs sont utilisés par les majeurs parce que ceux qu'on appelle les "grands frères" _tu parles, il faudrait plutôt parler de «caïds»_ les mettent en avant: ils savent que, dans le système actuel conformément à l'ordonnance de 1945, c'est pour eux le régime de l'impunité.
Saïd REZEG. Vous avez été le premier à militer pour la discrimination positive mais rien ne bouge vraiment...
C'est bien beau de dire qu'on est tous égaux, qu'on a tous les mêmes droits. Mais quand ce n'est pas vrai, on finit par douter de la République. Quand il y a une injustice, on ne peut pas prétendre la combattre sans être volontariste. Les femmes en politique, s'il n'y avait pas eu la loi sur la parité, dans 40 ans on en serait resté toujours au même point. Les administrations sont obligées par la loi d'avoir 6% de leurs collaborateurs avec un handicap. Qu'est-ce que c'est, sinon un quota? J'aimerais qu'on me dise pourquoi il serait normal de faire de la discrimination positive pour les femmes ou les handicapés, et pourquoi ce serait anormal pour les compatriotes de couleur.
Dernière chose: les quotas ne sont acceptables pour moi que dans la mesure où ils sont limités dans le temps. L'objectif est de débloquer une situation, de résoudre une injustice.
Saïd REZEG. La discrimination est aussi économique. Beaucoup de jeunes de moins de 26 ans n'ont aucune possibilité d'avoir accès à certaines formations...
La discrimination positive, c'est quoi? Un certain nombre d'enfants de votre entourage sont en retard scolaire et ils n'ont aucune chance de réussir aujourd'hui le concours de gardien de la paix. J'ai donc créé les Cadets de la République, des jeunes qu'on va préparer à ce concours pendant deux ans parce qu'ils ont au départ des handicaps. Cela dit, le jour venu, ce sera le même concours pour tous. C'est cela l'égalité républicaine. Les fils de bonne famille n'ont-ils pas droit, eux, à des cours particuliers?
Jérôme HANARTE. La violence contre les policiers est de plus en plus fréquente e leurs agresseurs sont souvent laissés en liberté. Quelles sont vos solutions ?
Début novembre, je défendrai à l'Assemblée nationale le texte sur la prévention de la délinquance et je vais déposer un amendement très important. Je demanderai aux députés de voter un texte qui stipule que toute personne qui s'en prendra à un policier, à un gendarme ou à un pompier ne sera plus passible du tribunal correctionnel mais de la Cour d'assises. Parce que je considère que, quand on porte atteinte à un fonctionnaire qui porte l'uniforme de la République, c'est à la République que l'on porte atteinte. Qu'est-ce que ça veut dire? En cour d'assises, on se trouve devant un jury populaire. J'ai été très heureux de la déclaration du président de la République au dernier conseil des ministres : il a jugé intolérable qu'un homme ou une femme, payé pour faire son devoir, soit violenté ou brutalisé. Deuxième proposition: je veux que, dans les tribunaux correctionnels, il y ait des jurés populaires. Si chaque adulte pouvait, deux jours dans l'année, siéger au tribunal correctionnel, ce serait du civisme. Cela permettrait de voir la "vraie vie". On économiserait du temps de magistrats. Et on rapprocherait la justice de nos concitoyens.
Voilà mes propositions. Elles sont discutables, mais je m'étonne d'être le seul à en faire. Moi, au moins, j'essaie de faire bouger les lignes.
Mohamed RAGOUBI. Des jurés populaires, même s'ils sont d'origine étrangère ?
Vous plaisantez? Quelles que soient la couleur de la peau ou l'origine, on est français ou on ne l'est pas. C'est naturellement un jury populaire de citoyens français dont je parle. Quand vous regardez les magistrats, il n'y a pas beaucoup de diversité. Avec le jury populaire, vous faites entrer la diversité dans le tribunal.
Fambis ANDELE. Il n'y a pas que les policiers qui sont des victimes. Moi, quand je suis habillé en racaille, les policiers m'arrêtent tout de suite et me traitent comme de la merde! Nous, on se pose des questions sur l'immigration...
Je ne cesse de répéter que l'immigration est positive, qu'on ne doit pas piller les élites africaines, qu'on doit avoir plus d'étudiants étrangers chez nous, mais que ceux qui viennent, on doit leur trouver un travail et un logement. On aura beaucoup parlé de Cachan mais ça s'est terminé comment? Sans drame. Il fallait prendre en compte ce que vivaient les malheureux dans le gymnase, mais il ne fallait pas que cela conduise à une explosion du racisme, à la montée du Front national. J'ai géré l'affaire à la fois avec humanité et fermeté. Regardez les Espagnols et leurs 500 000 régularisations. Il y a maintenant là-bas un débat terrifiant à ce sujet. Les premières victimes, c'est vous qui êtes en situation régulière et qui êtes pris dans l'amalgame. Vous me dites que le système d'intégration à la française, ça ne marche plus. Mais si je laisse les portes ouvertes, vous croyez que ça va améliorer les choses? Si je m'efforce de faire respecter la règle républicaine de la loi et de l'ordre, c'est pour que vous ne soyez pas menacés. Je me bats pour qu'on vous laisse la paix dans les cités. Mes valeurs sont simples: si vous voulez empoisonner la vie des autres, on vous sanctionne; si vous voulez vous en sortir, on vous aide plus qu'un autre puisque vous avez plus de handicaps au départ. Ma façon de vous respecter, c'est de me conduire avec vous comme avec le président de la République.
Manuel DOS SANTOS. Comment l'Etat peut-il aider les commerçants qui s'installent dans les banlieues sensibles ?
Un quartier où il n'y a plus de commerçants, c'est un quartier où on ne peut plus vivre. Il faut donc donner des avantages à ceux qui créent des entreprises dans ces endroits-là. Je suis pour la pérennisation des zones franches et pour des exonérations fiscales en faveur de ceux qui ont le courage de s'installer dans des quartiers que tout le monde veut quitter.
Aïssata TOUNKARA. Vous parlez d'immigration choisie. Est-ce que cela veut dire qu'il y aurait une immigration jetable ?
On suggère que je ne voudrais prendre que les élites: non. J'ai créé un visa de travail pour les travailleurs saisonniers. Dans le bâtiment ou la restauration, on a besoin de main-d'œuvre. Aujourd'hui, 5% seulement de l'immigration est une immigration du travail. Je veux que demain, toute l'immigration soit une immigration du travail. A quoi ça sert, en effet, de venir en France si on n'a pas d'emploi, pas de logement? On ne va quand même pas m'en vouloir de souhaiter que la France décide qui peut rentrer sur son territoire! Un mot sur l'Education nationale: on lui fait porter trop de responsabilités. Un jeune en situation d'échec total, il n'y a aucune raison de le laisser à l'école. Avoir 19 ans en troisième, ça n'a aucun sens. Je souhaite pour ceux-là, à partir de 16 ans, une filière spécifique, celle de l'apprentissage. Et j'en ai assez de l'absentéisme systématique. Il faut mettre sous tutelle les allocations familiales dans les familles où on ne déclare pas que son enfant ne va pas à l'école. Je veux aussi un changement complet de la médecine scolaire. Elle doit s'intéresser aux troubles du comportement. Avoir tout jeune des troubles du comportement ne signifie nullement qu'on va devenir un délinquant, mais ça veut dire qu'on traverse une période de trouble, de crise, d'angoisse. Quand je dis cela, certains me suspectent de vouloir criminaliser les enfants en maternelle: honte sur eux!
Dawari Horsfall. Allez-vous faire évoluer la loi qui permet à certains maires, au prix d'une amende, de ne pas construire un minimum de logements sociaux ?
A l'impossible nul n'est tenu! Comment imposer 20% de logements sociaux au maire d'une commune dont la plupart des terrains sont déjà bâtis? Il faudrait exproprier des immeubles, puis les démolir? Ce qu'il faut, c'est dire aux communes: maintenant, si vous voulez construire, vous devez prévoir tant de logements sociaux, et peut-être 40% et pas seulement 20%.
Omar DAWSON. J'ai été très surpris de voir à vos côtés Doc Gynéco qui chantait naguère une chanson dont le refrain était Egorgeons les poulets.
Je suis bien placé pour savoir que la politique, c'est aussi des images et des symboles. Je dois me faire comprendre de 62 millions de personnes qui me connaissent très bien et qui, en même temps, ne me connaissent pas du tout. Comme, dans les quartiers, il y a beaucoup de gens de couleur, je ne voulais pour rien au monde qu'on puisse associer mon combat à une sorte de coupure avec nos compatriotes de couleur. Moi, je hais le racisme, je déteste la discrimination. J'ai trouvé que donner la parole à Doc Gynéco _ qui n'est culturellement pas sur la même ligne que moi_ c'était une façon de donner la parole et de respecter un homme de couleur. C'est ma manière de dire que la France est multiple et que vous n'avez pas à craindre la différence. Cela dit, on ne va pas s'en prendre à Doc Gynéco parce qu'il me soutient tandis que Joeystarr, ce serait le «must» parce qu'il me combat.
Omar DAWSON. Vous vous êtes prononcé en faveur du droit de vote des étrangers aux élections municipales. Jusqu'où êtes-vous prêt à aller ?
J'ai défendu trois idées, minoritaires dans ma propre famille: la suppression de la double peine; la discrimination positive; sur le droit de vote des étrangers, j'ai dit que quelqu'un qui payait ses impôts, qui est en France depuis dix ans, ça ne me choque pas qu'il puisse voter aux élections municipales. Pourquoi j'ai dit ça? Pour faire de la pédagogie. Dire cela de la part d'un homme de droite, c'est déjà important. Je voudrais ajouter une chose: je suis l'homme politique qui a le plus affronté Le Pen, qui est le plus attaqué par Le Pen. Quand des gens osent dire que je défends des idées de Le Pen, je suis profondément blessé. Je mets au défi qui que ce soit de trouver une seule idée que j'ai défendue qui soit conforme à ce que pense M. Le Pen, y compris sur l'immigration choisie.
Aïssata TOUNKARA. Et quand vous dites qu'il faut aimer la France?
Aimer la France, ce n'est tout de même pas le monopole de Le Pen! Quand on n'aime pas la France, on n'est pas obligé d'y rester... Si vous m'invitez et que j'accepte votre invitation, je ne vais pas dire du mal de vous! Si je ne vous aime pas, je ne viens pas. Si on n'aime pas la France, on ne vient pas. Mais quand on vient en France, on respecte ses lois, on respecte la France, on respecte les Français. Cela dit, si Le Pen dit que le soleil est jaune, je ne vais pas dire qu'il est bleu? Quand Ségolène Royal dit Mes idées sont les vôtres, c'est exactement ce que Le Pen dit, mais il est vrai que c'est Ségolène...Moi j'aime mon travail. Quand je vois tous les matins les attaques dirigées contre moi, je me dis: mais qu'est-ce que ça va faire avancer, ces attaques? J'ai envie de dire à certains: vous vous êtes fait plaisir? En quoi vous avez changé la vie des gens. Je veux transcender les clivages. On dit que je veux ramener les électeurs du Front national. Oui, c'est sûr. Je ne veux pas les laisser là-bas. Mais je veux aussi ramener les électeurs de la gauche qui ne peuvent se retrouver dans un PS devenu totalement immobile. Je souhaite que les gens se disent, même s'ils ne sont pas d'accord avec tout: on ne peut pas continuer comme ça; lui, au moins, il va faire bouger les choses.
23:35 Publié dans Tribune | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, 2007
25.10.2006
Nicolas SARKOZY: "La Franchise dans le Débat... la Responsabilité dans l'Action".
Lors de l’élection présidentielle, « on n'élit pas un arbitre » mais « un leader qui doit dire avant les élections ce qu'il fera et doit faire après les élections ce qu'il a dit » a affirmé Nicolas Sarkozy à l’occasion du forum « La Cité de la Réussite » qui s’est tenu à Paris le samedi 21 octobre. Au cours de cette manifestation annuelle où débattent politiques, entrepreneurs et universitaires, il a souhaité que la prochaine campagne présidentielle soit « une forme de référendum démocratique » sur « les grands sujets de préoccupation de la France » : « gauche ou droite, chacun doit dire ce qu'il entend faire sur les grands sujets de préoccupation de la France et que les Français tranchent par leur vote ».
Et d’appeler pendant la période de six mois qui restent avant cette échéance, les forces politiques et les candidats à aller « très loin » dans la « précision des programmes » et dans leur chiffrage. Dans cet objectif, il a prôné « la franchise dans le débat » et « la responsabilité dans l'action » afin de « régénérer » la démocratie française. « Et croyez-moi, il n'y a pas le temps d'attendre, il faut le faire et tout de suite » a-t-il insisté.
Il y a des millions de Français qui peuvent se retrouver dans ce que je dis « Ça fait 25 ans que je fais de la politique (...) Aucun propos, aucun fait de ma part n'a été contraire à l'idée qu'on peut se faire de la démocratie et de la République » a-t-il affirmé en réponse à certaines attaques. « Là où on voit que je divise, moi je crois au contraire que, par les idées que j'amène, par les débats que je suscite, je vais réconcilier une grande partie du pays avec la politique, parce que la politique c'est prendre des risques, c'est le courage d'assumer des convictions » a-t-il lancé. « Il y a des millions de Français qui peuvent se retrouver dans ce que je dis » a-t-il poursuivi. « Si vous attendez de moi que je fasse comme les autres, c'est-à-dire du bruit avec ma bouche et des sons avec les mots, ce n'est pas ce que je veux faire. Je veux changer la France » a ajouté le président de l'UMP (CyberBlog).
23:23 Publié dans Tribune | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, 2007
20.10.2006
Lu pour Vous: Nicolas SARKOZY et l'Ecole...
"Lutter contre l'absentéisme scolaire" et éviter "les orphelins de 16h": après la délinquance, le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi soir qu'il souhaitait s'attaquer au problème des enfants qui "ne rentrent pas spontanément chez eux".
La première chose à faire est "de lutter contre l'absentéisme scolaire", a-t-il déclaré sur TF1 en proposant ainsi "la mise sous tutelle des allocations familiales aux familles qui n'alertent pas lorsque leurs enfants ne vont pas à l'école".
Et le ministre de s'interroger: "Que voulez-vous que soit l'avenir d'un enfant qu'on laisse ne pas aller à l'école?".
Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a dit vouloir lutter contre le problème des "orphelins de 16h", à savoir "ces enfants qui se trouvent libérés des obligations scolaires, collèges et lycées, et qui ne rentrent pas chez eux spontanément".
"Aujourd'hui, on ne peut plus mettre les femmes en obligation de choisir entre leur vie professionnelle et leur vie de mère de famille". Pour cette raison, le ministre propose de "généraliser les études à l'école pour que l'ensemble des familles de France puissent venir chercher leurs enfants une fois les devoirs faits, sur la base du volontariat, à 18h".
"Les enseignants qui le veulent" pourront, "sur la base du volontariat", faire "des études surveillées, ce qui leur permettra d'augmenter leur salaire, ce qui sera bon pour leur pouvoir d'achat, ce qui sera bon pour l'économie française", a-t-il souligné. AP
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18.10.2006
Nicolas Sarkozy, Vainqueur dans tous les cas de figure...
Peu importe le scénario, le premier rôle serait pour Sarkozy en 2007, si l'on en croit un sondage Ifop pour Paris-Match. En effet, le président de l'UMP battrait Ségolène Royal au second tour avec 53% des voix, contre 47%. En juin dernier, c'est la présidentiable socialiste qui arrivait en tête avec 51%, contre 49% pour Nicolas Sarkozy. Dans le cas d'un duel au 2e tour avec Dominique Strauss-Kahn, le ministre de l'Intérieur l'emporterait avec 57% des suffrages contre 43%. Il devancerait plus largement encore Laurent Fabius en recueillant 61% des voix contre 39%. Au premier tour, dans l'hypothèse où elle serait la candidate du PS, Ségolène Royal recueillerait 26% des voix, soit 4 points de moins qu'en juin. François Bayrou en gagnerait 4 à 12%. Nicolas Sarkozy resterait largement en tête à 32% et Jean-Marie Le Pen recueillerait 13% des voix. C'est la première fois qu'une enquête d'opinion donne un tel score au président de l'UDF.
Alliot-Marie à 6%
Dans le cas d'une candidature de Dominique Strauss-Kahn, ce dernier obtiendrait 19% des voix, contre 34% au président de l'UMP, 13% au leader du Front national et 12% à François Bayrou. Dans le cas d'une candidature de Laurent Fabius, celui-ci est crédité de 14%, contre 35% à Nicolas Sarkozy, 15% à François Bayrou et 13% à Jean-Marie Le Pen. Dans l'hypothèse d'une primaire à droite entre Nicolas Sarkozy et Michèle Alliot-Marie et d'une candidature Royal, le président de l'UMP serait à 29%, contre 6% seulement à la ministre de la Défense. Ségolène Royal obtiendrait 26%, Jean-Marie le Pen 11% et François Bayrou 10%. Cette hypothèse infirme les dires de la ministre de la Défense la semaine dernière indiquant qu'elle "serait le meilleur rempart contre Ségolène Royal".
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Bayrou se verrait bien en haut de l'affiche...
Le leader centriste s'imagine premier ministre d'un gouvernement de « démocrates venant d'un bord et de l'autre ».
Le futur candidat à la présidentielle, dont le score plafonne pour l'heure à 8 % dans les sondages, assurerait-il ses arrières ? Sur France Info, François Bayrou a précisé qu'il entendait « parler alliance ou compromis après l'élection, après que les citoyens se sont exprimés ». Selon lui, « si l'on ne se fixe pas cette règle d'or, alors on laisse gouverner les sondages et les groupes de presse, ou en tout cas les grands moyens médiatiques, qui veulent nous imposer aujourd'hui un duel Sarko-Ségo ».
Toute la stratégie du président de l'UDF repose sur cette théorie. Et sur son échec. Le leader centriste ne veut pas croire que le duel annoncé aura lieu, en tout cas pas dans les conditions que préfigurent les enquêtes actuelles sur les intentions de vote, avec deux candidats qui recueillent chacun autour de 35 % des suffrages exprimés. En revanche, il n'exclut pas une réédition du 21 avril 2002, dans toutes ses variantes possibles, y compris celle où il se retrouverait lui-même face à Jean-Marie Le Pen au second tour. Il estime également réaliste un scénario où il obtiendrait suffisamment de voix au premier tour pour que le finaliste arrivé en tête soit obligé de rechercher une alliance avec lui. De là à s'imaginer premier ministre de Nicolas Sarkozy ou de Ségolène Royal, il y a un pas qu'il se garde de franchir, même s'il assure qu'il ne fermera « aucune porte » d'ici la présidentielle.
Les « conseils » de Robien
Décidé à camper sur sa ligne « ni droite, ni gauche », il n'est pas près d'obtempérer aux demandes de « clarification » de Gilles de Robien. Le seul centriste du gouvernement Villepin a essayé un nouvel angle d'attaque, hier, dans La Provence, en conseillant à François Bayrou de se doter d'un projet pour « passer du statut de bel universitaire à celui de candidat à la présidentielle ». L'expression « bel universitaire » a fait rire l'entourage du président de l'UDF, où l'on a riposté que « venant d'un ministre de l'Éducation, ça ne pouvait être qu'un compliment ».
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