10.09.2006

Lu pour Vous: Sarkozy:" Je ne suis pas un admirateur aveugle des USA".

medium_2211110_5.2.jpgDans un entretien accordé au Monde daté du 10-11 septembre, le ministre de l'Intérieur plaide pour "une autonomie et une liberté de parole complètes vis-à-vis des Etats-Unis". Il commence dimanche une visite de quatre jours à New York et Washington.

Alors qu'il commence samedi une visite de quatre jours à New York et à Washington, Nicolas Sarkozy se défend d'être un "admirateur aveugle" des Etats-Unis. Dans une longue interview accordée au Monde (daté du 10-11 septembre), le ministre de l'Intérieur plaide pour une "autonomie et une liberté de paroles complètes" à l'égard de Washington. "La France ne doit être le vassal de personne", affirme le président de l'UMP, qui répond à ses détracteurs français qui le voient comme un candidat à la présidentielle "pro-américain". "Nous n'avons aucune raison d'être fâchés avec le peuple américain", assure-t-il.

"Ce pays ne se réduit pas à la personnalité de tel ou tel de ses dirigeants, et il n'est pas anormal, quand on est un responsable politique, de vouloir connaître, comprendre et dialoguer avec des alliés naturels", se défend Nicolas Sarkozy. Evoquant les aspects positifs de la société américaine, il insiste sur "une démocratie qui fonctionne", sur la limitation des mandats qui permet "la fluidité ainsi qu'un renouvellement de la classe politique que l'on aimerait retrouver dans la vie politique française".

"Je n'aime pas cette brutalité"

Il a également mis l'accent sur le Congrès, "devant lequel le président rend des comptes tous les ans, y dispose d'un vrai pouvoir de contrôle et d'enquête". "Il y a à peine quinze ministres pour un pays de 300 millions d'habitants et les ministères ne changent pas d'intitulé à chaque alternance", ajoute-t-il. Le président de l'UMP se prend à rêver d'une France où comme aux Etats-Unis "on peut partir du bas de l'échelle et monter très haut, ou bien le contraire". "J'aime l'énergie et la fluidité de l'Amérique. Ce sentiment que tout est possible", dit-il. A l'inverse, il dit ne pas aimer son "socle social minimum qui ne permet pas à des millions de gens de vivre décemment". "Je n'aime pas cette brutalité".

Dans cet entretien, Nicolas Sarkozy est également revenu sur le dossier irakien qui a vivement opposé Paris et Washington à l'Onu. A ses yeux, la France a pêché sur la forme mais pas sur le fond. "Plus on manifeste un désaccord sur le fond, plus on doit être attentif à la forme". "La crise de 2003 a été, de mon point de vue, la plus importante que la France ait vécue avec les Etats-Unis depuis 1966 et le départ des Américains de leurs bases en France à la demande du général de Gaulle", dit-il. "La crise née de la guerre d'Irak était grave, parce qu'elle était émotionnelle", poursuit Nicolas Sarkozy. Les Américains ont eu "le sentiment d'être abandonnés par une nation dont ils se sentaient proches par l'histoire et par les valeurs".

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